Bienvenue sur le site de Terr'Eveille

L' association Terr'Eveille se propose de promouvoir le "travail qui relie",
une méthodologie et une vision du monde, développées par Joanna Macy,
par la biais d'ateliers d'un ou plusieurs jours pour qu’il puisse toucher, inspirer et servir de ressource aux personnes qui souhaitent s'investir dans le "changement de cap"

vers une société qui soutienne la vie. Voici le lien vers notre calendrier...

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Bienvenue à notre atelier "Gaia au coeur 2014"

dans le Valais Suisse - 16 au 23 août - COMPLET!

Plus d'infos ici.

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L'année 2014 s'est ouverte sur une belle aventure: Helena est partie pour 2 mois en Colombie, et a proposé 3 ateliers de 4 jours dans ce pays, où les enjeux de réconciliation sont tellement prégnants ! Voici son témoignage.

Semer en terres fertiles: l'écologie profonde en Colombie

La Colombie, qui connaît déjà 50 ans de guerre, a une place toute particulière dans mon cœur. Cette histoire commence pour moi en 2002 et est notamment marquée par mon engagement au service des brigades de paix. Pendant un an j'accompagnerai une communauté de paix afrocolombienne à Cacarica, dans le Chocó. Cette expérience inoubliable me fera vivre en chair et en os le véritable sens des mots
courage et détermination. Mon admiration pour l'immense résilience des communautés et des activistes de ce pays ne cesse de s'approfondir lors de mes nombreux voyages au cours des années qui suivent. Ce n’est donc pas étonnant que, depuis ma rencontre avec le Travail qui Relie (TQR) développé par Joanna Macy, je rêve de pouvoir l’offrir un jour en Colombie. Mais comment m'y prendre?

Depuis le 2012 un processus de paix avec la guérilla FARC suit son cours à Havana, et il y a un réel espoir que cette fois-ci un accord soit en vue. Mais le chemin vers la justice et la réconciliation sera très long, car le pays a connu des horreurs indicibles. La violence de tous les acteurs armés (paramilitaires soi-disant démobilisés, armée et guérilla) continue,ainsi que les déplacements forcés et la destruction de la nature, notamment à cause d’innombrables mégaprojets.

"Nous ne mettons pas des enfants au monde pour la guerre"    
  Ruta Pacífica - Toribío, Cauca, 2005              

la vie fait bien les choses: un co-équipier apparaît à l'horizon

La rencontre à nouveau fort inspirante avec Joanna Macy en juillet 2013 à Hardwick (GB) réveille en moi la confiance et l'énergie nécessaires pour réaliser ce rêve. Alors que je me prépare à me lancer seule (sans mes deux cofacilitateurs habituels de notre association Terr'Eveille, Corinne et Gauthier), une belle synchronicité se met en place: un jeune colombien, fort engagé au service de la paix, Felipe Medina, contacte Joanna pour l'inviter à venir enseigner le TQR en Colombie.

Joanna, informé de mes projets, propose à Felipe de se mettre en contact avec moi. La connexion est vite établie et nous sentons directement que la même intention vibre en nous, notamment celle de pouvoir inviter aussi des victimes de la guerre et des activistes ayant peu de moyens. La liste des participants potentiels est longue. Mais où trouver de l’argent? A nouveau la vie fait bien les choses: une association amie belge, Biloba, adepte du TQR, se propose de soutenir notre mission – ce qui nous permettra de proposer une vingtaine de bourses, entre autres à des femmes déplacées par la violence (la Colombie compte presque 6 millions de déplacés internes). Et dernier détail non-négligeable: Felipe peut proposer un écolieu construit par sa famille qui est parfait pour les ateliers: La Minga à Choachi, à 2 heures et 99 courbes de Bogota.

Felipe est initiateur d'Origen Circular, un mouvement qui veut contribuer à construire une culture de paix intégrale en Colombie, en commençant par des jeunes affectés par la guerre. Lors d’un voyage en Californie il découvre cette méthodologie puissante et novatrice, et l'idée mûrit en lui qu'elle serait très précieuse non seulement pour aider les colombiens à se reconcilier entre eux, mais aussi avec la terre.

                        Felipe Medina - initiateur d'Origen Circular

Après 5 mois de préparation entre Bruxelles et Bogotá (vive skype!), l’aventure peut enfin commencer.
J'atterris en Colombie à la mi-décembre2013.

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El "Llamado de la Montaña"

Alors que les festivités pour Noël battent leur plein, nous nous lançons avec un mini-atelier bien réussi au 'HUB' de Bogotá. Suit un festival d’écovillages début janvier, El Llamado de la Montaña ("L'appel de la montagne") pour lequel je suis invitée comme guestspeaker.  Ce festival s'envisage comme un carrefour annuel de rencontres pour nourrir la transition vers une nouvelle humanité. Je suis frappée par toute la créativité et intelligence qui s'en dégagent. Regardez cette joyeuse prière colombienne pour la liberté et la diversité des semences natives fort menacées par les Traités de Libre Commerce avec les Etats-Unis et l'UE.

Le festival sera une magnifique occasion pour présenter la spirale du TQR à un grand public: 300 personnes provenant de communautés très différentes, dont amérindiennes. La vision de l’écologie profonde sur laquelle le TQR se base, entre vraiment en résonance avec la cosmovision des peuples premiers, qui en est d'ailleurs une des sources d'inspiration. Grâce à deux mini-ateliers de TQR proposés au festival, nous rencontrons les derniers participants nécessaires pour remplir les trois ateliers de 4 jours programmés par Felipe et moi.

C’est ainsi que pendant les trois semaines suivantes, nous allons faire vivre la spirale à trois cercles différents, deux à Choachi et un à Barichara, à 9 heures de Bogotá.

premier cercle : la mine d'or des diversités

Chaque cercle aura sa particularité. Au sein de notre premier atelier : 5 femmes afrocolombiennes déplacées, leaders dans leur quartier pauvre à Bogota, un rappeur écolo, un couple de permaculteurs, un prêtre jésuite, un acteur de théâtre, une coach d’entreprises, trois petits enfants... pour en nommer que quelques-uns...bref, beau mélange et beau défi!

La présence des femmes afrocolombiennes, ayant grandi dans le travail de la mine d’or artisanal à Buenaventura et déplacées 6 ou 7 fois par la violence, est un grand cadeau. Elles sont déterminées à pardonner et à reprendre leurs vies en main, avec cette force et joie contagieuses qui les caractérisent.

Ce premier cercle agit comme un véritable point d’acuponcture pour cette terre colombienne, si belle, si blessée. Ici s'ouvre un espace pour se rencontrer entre personnes de classes très privilégiées et d'autres venant de quartiers totalement abandonnés par l'état, où la misère et la violence règnent... Quelle bénédiction de découvrir leur amour partagé pour la vie, de chanter autour du feu nocturne leur espoir ou colère, dans un rap ou un bullerengue. Tous semblent se rendre compte ici de l’incroyable richesse qui réside dans la diversité multiculturelle de leur pays - et du pouvoir de guérison au cœur de cet arc-en-ciel.


Le 'Mandala de la Vérité' - rituel clé du TQR - offre pour certains la possibilité d’exprimer leur souffrance en toute confiance pour la première fois. Le besoin de partager, le cœur ouvert, dans ce pays tourmenté est évident. Trop souvent ceux qui ont souffert de la guerre et de ses conséquences (surtout à la campagne) se taisent, par peur des représailles: d’autres, plus éloignés du conflit, n'en parlent pas, comme s’ils étaient anesthésiés aux réalités cruelles de leur pays.

Mais le travail qui relie ne crée pas seulement des espaces pour exprimer notre souffrance et notre vérité; les ateliers sont aussi l'occasion de nourrir et d'impulser nos rêves pour la terre, pour la Colombie…

Hamid "Nativo" (32), rappeur militant au cœur immense, a réussi à guérir son corps d'un cancer en suivant la voie de la médecine alternative. Il est en train de mobiliser son quartier San Cristóbal, dans le sud pauvre de Bogotá, pour nettoyer et protéger le fleuve Fucha qui le traverse, fort pollué et menacé par des projets immobiliers. Hamid met maintenant la force de ses chansons et de son leadership évident au service de la guérison des eaux et de la terre.

Dans un autre quartier abandonné et violent, Ciudad Bolivar, les jeunes filles, sous l'emprise de la pauvreté ou par la violence qui y règne, se prostituent pour trois sous. Fidelina, grand-mère afrocolombienne aux yeux pétillants, en a le cœur brisé. Ils ont déjà perdu tellement dans cette guerre. On ne va pas leur enlever leur dignité. Elle imagine créer un 'restaurant du cœur' avec ses filles. Ce resto pourrait déjà leur assurer des revenus, mais il pourrait surtout devenir un refuge, un laboratoire culturel où des jeunes en difficultés pourraient apprendre à faire du théâtre et de la musique. Au menu: la cuisine de la Côte Pacifique qui leur manque tant, préparée avec des légumes issus des potagers urbains à mettre en place dans Ciudad Bolivar. L'énergie y est - manquent encore le lieu et le matériel. Dans le cercle les idées pour la récolte de fonds fusent et des alliances créatives se mettent vite en place. Le sens de l'interdépendance, le regard systémique, si fondamental dans le travail qui relie, se concrétise - nous nous trouvons tous dans le même bateau.

Entretemps mon coéquipier Felipe entre dans l’esprit du TQR avec un naturel et une justesse impressionnants. Notre complicité prend forme. Nous imaginons pour les cercles suivants quelques ajustements répondant mieux au tempérament colombien: bienvenue au théâtre impro, à la danse; il faut que ça bouge!

 

 


deuxième cercle: gardiens de la terre-mère depuis toujours

La magie du deuxième cercle se crée notamment grâce à la présence de deux amérindiens,Fernando du peuple Nasa du Cauca, connu pour la résistance pacifique de leur 'guardia indigena', et Gloria, femme Uitoto de l'Amazonie. Partager en profondeur avec ceux qui défendent avec tellement de dignité et de persévérance la Terre-Mère est un grand privilège. Et ils sont émus à leur tour en écoutant les 'blancs' - descendants des colons - exprimer leur amour et leur peine pour la terre, que ce soient les activistes de la Pachamama Alliance en Colombie, ou les biologistes prenant soin des papillons pour préserver la diversité.

Les larmes versées dans le mandala de la vérité ont le goût du sacré - ici nos peines personnelles sont clairement transcendées. Nous retenons notre souffle quand Fernando, debout dans le mandala et le bâton de l'indignation dans les mains, promet à nouveau que les Nasa défendront la terre-mère (Sa'th Tama Kiwe) même au sacrifice de leur vie. Ce ne sont pas des paroles videstous les trois jours en moyenne les Nasa perdent un membre de leur peuple dans cette résistance non-violente. Nous scandons avec lui: "Por la tierra! Hasta cuando? Hasta siempre!" 

Le rituel permet à plusieurs dans le cercle de se débloquer, de surmonter leur impuissance, et de retrouver un sens à leur chemin... entendre Gaia crier en nous, pour aussi l'écouter rêver en nous...et comme elle rêve en Colombie ! Je découvre avec émerveillement que même les membres les plus jeunes de cet atelier nourrissent déjà des projets visionnaires et prennent leur engagement passionnément au sérieux.

Ainsi Mauricio, 22 ans et sur un chemin d'autodidacte: permaculture, bioconstruction, yoga, méditation, arts martiaux, musique…Il a hérité des terres, pas loin de Bogotá. Il veut les destiner à l'agroécologie et créer un centre pédagogique où les sagesses de l'Orient mais aussi des amérindiens peuvent être transmises, fidèles à leur tradition. Les sessions de méditation qu'il propose au réveil nous montrent un 'guerrier de lumière' déjà bien conscient et enraciné.

Et Daniel, arrivé au stage complètement découragé, le regard las. Alors que la reconnexion s'opère en lui, un autre homme se met debout, émergeant de la vulnérabilité, rayonnant et puissant celui-là. Il se promet de devenir un exemple vivant des valeurs qui lui sont chères, en changeant notamment ses habitudes, sa consommation. Et de mettre en place des cercles de partage avec ses amis, pour 'mambear', pour chercher la parole vraie.

Monica accompagne les peuples amérindiens dans l'Amazonie colombienne, où les communautés gémissent sous le rouleau compresseur du capitalisme et se désintègrent rapidement. Elle se sent profondément touchée par l'isolement de certains médecins traditionnels qui risquent de mourir sans avoir pu transmettre leur savoir. Elle veut établir des 'lignes de vie' pour que des jeunes amérindiens et des jeunes paumés issus des villes puissent se rencontrer et recevoir cette sagesse vivifiante.                                         

Nous sentons que, entre tous ces projets, il y a des tissages à faire! Les deux aigles qui planent au-dessus du jardin le dernier jour couronnent cet atelier d’une majesté certaine...

Après ces ateliers intenses passés dans cet endroit montagneux, arrosé abondamment par l’eau avec ses cascades tout proches, il est temps de dire au revoir à l’équipe chaleureuse de la Minga. Un voyage de 9 heures en bus nous attend pour notre dernier atelier, direction nord-est, vers Barichara, un des plus beaux villages coloniaux de Colombie.                                                                                                                                    

troisième cercle: reconnexion à la source

A Barichara nous sommes accueillis par Gaby et sa famille dans le spacieux centre Corasoma qui vient de rouvrir ses portes. Des montagnes comme toile de fond, des terres plutôt asséchées. Ici c'est l’élément feu qui est maître du jeu! Une partie de l’équipe d’Origen Circular- le mouvement pour la paix initié par Felipe - assiste à l'atelier. Ce sera l'occasion pour eux de se laisser imprégner par l'esprit du TQR et d'imaginer l'application de cette méthodologie dans des scénarios de construction de paix. Les participants de ce cercle, dont beaucoup de jeunes, sont tous déjà de véritables catalyseurs du 'Changement de Cap': leur niveau de conscience et de connaissance est impressionnant. Je suis profondément émue par leur engagement désintéressé, et l’incroyable créativité qu’ils déploient, que ce soit dans l'innovation écologique, la musique qui reconnecte à la terre, le soin des corps, le recyclage des plastiques, la défense des graines natives,  l'artisanat conscient, le soutien psychosocial à des communautés,  le lancement de la première initiative de transition...

Dans la présentation d'Origen Circular en 2013, l'équipe avait synthétisé leur mission ainsi:
Un système de réconciliation, un campement pour la paix - en Colombie. Une méthode vivante de régénération de confiance. Pour enfants et jeunes qui ont souffert de la guerre. Héritiers de 183 ans de violence continue, de déplacements et de destruction de familles et de communautés. Un point clé d'acupuncture sociale à échelle globale. Pour guérir la maladie de la guerre.

28 jours, un cycle lunaire. Cuisiner, semer, construire, créer, chanter, guérir, jouer, dialoguer, pardonner ensemble. Participer dans la construction constante d'un lieu humain, écologiquement responsable. Responsable du soin de notre eau, de la production saine de notre alimentation, de la construction de nos maisons, des ressources de notre énergie et de l'état de nos relations.

Le Mandala nous réserve une surprise à Felipe et moi cette fois-ci : alors que pour la majorité une libération profonde aura lieu grâce à un partage de leur douleur, liée notamment à la guerre, quelques personnes n’arrivent pas à se connecter à leurs émotions. Une participante est même carrément ‘déconcertée’ par ce qu’on est en train de faire: "On a tous été maltraités par la vie à l'un ou l'autre moment, mais qu’est-ce qu’on attend pour aller de l’avant, pourquoi se vautrer dans la douleur?" Une question tout à fait légitime dans ces terres où tant de choses restent à construire... Mais un pays qui a connu presque cinquante ans de guerre, peut-il tourner cette page sans la lire?

C'est un moment délicat. Après la clôture du mandala nous remercions tous et chacun d’avoir exprimé leur vérité, au nom des générations passées et futures aussi, au nom de Gaia, qui elle aussi est fort 'présente' dans cet atelier. L’après-midi Felipe et moi décidons de proposer un jeu de rôle: des rencontres entre ‘bourreaux’ et ‘victimes’ de la guerre en Colombie. Nous entrons dans cet exercice difficile d'écoute et de compassion en-dessous d’un arbre émanant une grande douceur.

Dans le cercle de récolte du soir, une réelle prise de conscience semble avoir eu lieu. Je parle de tous mes pèlerinages à travers la Colombie, de la ‘loi du silence’ que j'ai si souvent rencontrée: "En boca que no se abre, tira no entra" (la bouche qui ne s’ouvre pas, ne reçoit pas de balle). Un silence donc tout à fait compréhensible, car l'état colombien n'offre aucune sécurité aux victimes et l'impunité est presque totale. Mais selon nous, 'se taire' n'aidera pas à réparer le tissu social déchiré en Colombie. C'est pour cela que ça nous tient tellement à cœur d'offrir des espaces de paroles aux colombiens pour qu'ils retissent la confiance entre eux. Peut-être faut-il parfois des 'accoucheurs' venant d'ailleurs quand tous semblent enfermés dans leurs histoires, leurs colères et douleurs ?

Je ramène aussi des paroles de Joanna Macy dans le cercle: le travail qui relie nous aide à créer un "rough weather network", un réseau résilient, solidaire pour nous soutenir quand le ‘gros temps’ arrive... Dans des pays comme la Colombie et d’autres où des conflits armés ont ravagé le paysage intérieur et extérieur, ce travail a encore plus de sens à notre avis: il s'agit d'une part de se préparer à un avenir incertain pour nous tous sur la terre, et d'autre part de prendre soin des blessures de la guerre, visibles ou invisibles, que ce travail permet d'amener à la lumière et à cicatriser.

Felipe parle à son tour de ce risque nommé apathie, anesthésie, comme une des maladies colombiennes dont il a souffert personnellement et qu’il veut absolument aider à transformer. Du haut de ses 24 ans il incarne déjà une sagesse et un leadership impressionnants, fruits d’une formation en autodidacte à travers voyages, rencontres, livres...et de la profonde communion qu'il a avec 'Gaia'.

Pour clôturer cet atelier rempli de musique, un chant autour d'une source d'eau que Gaby vient de découvrir. Quelle aubaine!

Quand j'écoute les partages dans le cercle de clôture, profonds, émouvants, je constate combien ce travail nous reconnecte à notre essence, nous ramène à des liens authentiques...et j'envoie une pensée d'immense gratitude à Joanna d'avoir offert au monde le TQR avec autant de générosité.

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En-dessous d'un manguier Felipe et moi scellons un pacte d’alliance: il est clair que notre aventure commune n'en est qu'à ses débuts! Je retourne vers ma vie en Belgique comblée et le cœur en fête...dans les terres assoiffées et fertiles de ce pays que j'aime, les graines du travail qui relie ont bel et bien été semées.

                                                                      Felipe Medina (Orígen Circular) & Helena ter Ellen (Terr'Eveille)

 

 

 





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