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Répondre à l'éco-anxiété

Cette page reprend les éléments principaux d'un article de Corinne Mommen - à télécharger ici : 

"Eco-anxiété", "actu-anxiété", "éco-émotions", .... Comment les accueillir et les transformer

en engagement créatif ? Les apports du Travail qui Relie - janvier 2026

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A partir de 2019, le concept d’éco-anxiété commence à être utilisé et répandu dans les médias pour parler de cette « détresse mentale et émotionnelle qu’un individu peut ressentir en réponse à la menace du changement climatique et aux problèmes environnementaux globaux » (The Hogg Eco-anxiety scale). Si «éco-anxiété» est le terme le plus utilisé, certains le trouvent toutefois trop réducteur car il ne serait pas représentatif de toutes les facettes et émotions qui y sont associées. D’autres parlent d’éco-émotions (abordant tout le spectre des émotions de la peur, à la colère, la tristesse ou l’impuissance, en passant aussi par les émotions agréables), ou de solastalgie, «le deuil d’un monde que l’on a connu» et qui est en train de disparaître (Glenn Albrecht).

 

Une majorité d’auteurs, de chercheurs et de thérapeutes soulignent que ces réactions sont le signal d’une certaine lucidité sur le monde, une réponse sensée et sensible face au changement climatique et aux dérèglements écologiques et sociaux. Certains parlent alors d’éco-lucidité ou d’éco-sensibilité. Cependant, pour certaines personnes, les états éco-anxieux entraînent de réels problèmes de santé (stress, insomnies, épuisement, dépression, etc.) et/ou relationnels (isolement social, perte de sens professionnel).

Le Travail qui Relie s'adresse directement aux personnes souffrant d'éco-anxiété. En particulier, l'étape  «Honorer notre peine pour le monde » ouvre un espace où les émotions difficiles telles que la peur, la tristesse, la colère ou l’impuissance peuvent être reconnues, légitimées, exprimées et entendues dans le contenant sécurisant du groupe. Cette expérience est profondément transformatrice : elle permet peu à peu d’apprivoiser ces émotions; elle rompt l’isolement et crée un sentiment de communauté. La libération des émotions restées bloquées parfois pendant des mois ou des années, ouvre un espace où les personnes contactent des élans d’action et de solidarité, des envies de prendre soin du vivant, et de le faire collectivement !

Au-delà de l’étape « Honorer notre peine pour le monde » qui offre explicitement un espace d’accueil et d’expression des éco-émotions, le Travail qui relie propose plusieurs autres ressources importantes.

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  • le lien aux autres : Une attention particulière est portée à la « membrane de sécurité » du groupe, pour créer un espace de bienveillance et d’authenticité. Les vécus partagés, tant dans l’expérience directe des pratiques que dans les échanges plus réflexifs, créent un sentiment d’appartenance et une culture commune du « prendre soin ». Ils donnent la permission à chacun.e de se révéler dans sa puissance tout comme dans sa vulnérabilité. La chaleur et la joie qui émergent spontanément de ces expériences ravivent la confiance dans le collectif.

     

  • la connexion au vivant : Au travers d’activités d’immersion en forêt, d’explorations en solo, de rencontres avec des êtres « autres qu’humains », d'activités sensorielles et corporelles, les participant.es retrouvent des sensations physiques et émotionnelles parfois oubliées depuis l’enfance. Ces invitations contribuent à détendre le système nerveux et à endiguer la rumination mentale ; elles créent également un sentiment d’appartenance à une toile bien plus large que celle de l’espèce humaine, et développent la présence et l’émerveillement.
     

  • un regard systémique : Nous ouvrons également des espaces de réflexion et d’apports conceptuels qui abordent par exemple « le temps long », en situant notre histoire récente en tant qu’humanité au sein de la longue histoire de la vie sur Terre, en nous connectant à nos lignées d’ancêtres et de descendants, en explorant les sources de la séparation avec la nature, tellement prégnante dans la culture occidentale. Il nous semble essentiel de replacer ces phénomènes dans un contexte culturel et politique, et de souligner la domination de l’humain vis-à-vis des autres espèces comme faisant partie des dominations systémiques à l’œuvre dans notre société. Ces réflexions permettent de prendre du recul, d’alléger le poids de la responsabilité individuelle et de replacer les inquiétudes personnelles dans une perspective beaucoup plus large et systémique.
     

  • l’espoir actif: un espoir qui n’attend pas les résultats de l’action mais se nourrit du sens que nous donnons à nos engagements. Nous faisons souvent référence à cette phrase de Václav Havel :

« Le genre d’espoir qui me préoccupe c’est surtout un état d’esprit plutôt qu’un état du monde. L’espoir n’est pas la conviction que les choses tourneront bien, mais la certitude que nos actes

ont un SENS, quel que soit le résultat. »

 

Valoriser les processus vécus plutôt que les résultats attendus (à l’encontre de notre culture productiviste), ouvrir nos imaginaires et inventer des récits différents (que ceux de la croissance et de la rentabilité), expérimenter des rituels qui nomment de manière symbolique la dimension sacrée de la vie, toutes ces propositions permettent de redonner du sens, d’accueillir et apprivoiser l’incertitude de plus en plus prégnante et déstabilisante dans notre société, de cultiver le courage, la dignité et la joie.

  • la mise en action : La dernière étape du processus, qui invite à « aller de l’avant », répond au besoin d’action, en explorant les différentes façons de s’engager pour un « changement de cap » vers une société qui soutienne la vie. Quelle que soit la ou les causes pour lesquelles chacun.e choisit de se mobiliser, la mise en action permet de participer à un changement concret, de sortir des sentiments de sidération et d’impuissance, de valoriser nos dons et nos talents, et de retrouver la joie du faire ensemble. L’action canalise également les émotions difficiles en les mettant en mouvement.

Par rapport à d’autres approches qui adressent la problématique de l’éco-anxiété, la spécificité et la force du Travail qui relie est sans doute d’intégrer ces différentes ressources de manière organique, tout au cours des 4 étapes de la Spirale.

L’articulation et la diversité des pratiques proposées à chacune de ces étapes permet aux participant.es de vivre un processus collectif et en même temps très personnel dans les prises de conscience, les apprentissages ou les blocages dénoués. Cela construit un socle de confiance et de liens renouvelés pour pouvoir « être au monde » en toute lucidité sans se laisser engloutir par les émotions anxiogènes.

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